Les mémoires de traduction au DETEC

Estelle Laura Fontaine-01

Savez-vous ce qu’est une mémoire de traduction ? Beaucoup de traducteurs ne travaillent pas qu’avec un crayon et un papier, ou sur Word et Internet. Ils disposent également de logiciels les aidant dans leur travail. Ces logiciels sont nombreux, et les traducteurs les choisissent en fonction de leurs besoins ou de leur préférence. Certains d’entre eux, comme Wordfast, permettent de continuer à travailler dans Word, alors que d’autres, comme SDL Trados, ont leur propre interface. Le nombre de langues reconnues par l’outil varie également, mais ce problème ne se pose pas à la Confédération, les langues utilisées étant principalement l’allemand, le français, l’italien et l’anglais.

Dans l’administration fédérale, certains traducteurs utilisent le logiciel MultiTrans, d’autres SDL Trados, d’autres Transit, et d’autres encore préfèrent ne pas en utiliser du tout. Au Secrétariat général du DETEC, nous utilisons Transit. Ces logiciels sont des programmes qui utilisent une base de données constituée de traductions précédentes et de glossaires. En plus de fournir une assistance à la traduction, ils possèdent aussi d’autres fonctions, comme la gestion de projets, la facturation différenciée ou la création de bases de données terminologiques.

Les bases de données enregistrent des paires de segments de texte en langue source, donc la langue d’origine, et en langue cible, la langue de destination, pour une utilisation ultérieure. En général, l’unité de base d’un texte, donc le segment, est la phrase, avec le point comme référence (dans le cas des abréviations comme « M. », il faudra souvent préciser au logiciel qu’il ne s’agit pas d’un segment entier. Ainsi, lorsque nous traduisons une phrase, la mémoire de traduction va rechercher dans toute la base de données si une phrase similaire a déjà été traduite par le passé et s’il y existe une entrée comportant les termes présents. À ce niveau-là interviennent deux processus, celui dénommé exact matching et celui dit fuzzy matching. Le processus exact matching correspond à la découverte de segments dans la base de données qui sont exactement équivalents par rapport au nouveau segment à traduire. La mémoire de traduction aligne ensuite les deux segments, autrement dit, elle les met en relation. Le traducteur peut accepter la traduction telle quelle, la retravailler ou l’ignorer. Le fuzzy matching, quant à lui, est le processus qui repère des segments très similaires à l’original. La similarité requise peut être réglée par l’utilisateur, elle se situe dans les paramètres de base autour des 70 %. Un autre outil très utile et qui peut parfois remplacer de longues recherches sur Internet est le concordancier, qui permet de rechercher dans la base de données toutes les traductions d’un terme ou de quelques mots. 

Ces logiciels permettent ainsi de gagner considérablement du temps. Au lieu d’aller chercher dans les dossiers de l’ordinateur le document comportant une phrase qui nous semble similaire à celle que nous sommes en train de traduire, elle nous apparaît directement sous les yeux. Les mémoires de traduction garantissent également une certaine cohérence par rapport à la terminologie, avantage important dans les textes spécialisés. Ces logiciels sont particulièrement utiles pour des textes répétitifs, techniques ou très longs. Par contre, ils ne sont pas indiqués pour traduire des textes littéraires, dont le taux de répétitivité est très bas, le second degré fréquent et le style très florissant, ou des textes touchant à un domaine auquel le traducteur n’a autrement jamais affaire. Bien entendu, tous ces avantages font également face à quelques inconvénients : une mémoire de traduction ne s’enrichit pas toute seule. Le traducteur doit à chaque fois créer un projet, définir les paires de langues, importer les fichiers, puis exporter le texte et classer les paires de langues à la fin de la traduction pour enrichir la mémoire. Il faut en outre faire attention à ne pas laisser des erreurs, sans quoi celles-ci se répètent dans les textes suivants et il est possible que le traducteur n’y prenne garde. Et, de manière plus générale, il lui faut veiller à ne pas perdre le contexte de vue, le texte apparaissant de façon segmentée.

En conclusion, les mémoires de traduction sont un outil merveilleux pour les traducteurs, à condition qu’ils sachent s’en servir !

Dernière modification 22.04.2016

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